La tendance du 0% bullshit

Un petit hommage à Guilhem Bertholet pour cette dénomination fort sympathique et tout à fait d’actualité. Vous pouvez d’ailleurs télécharger son e-book « écrire un business plan 0% bullshit » ici. Nous mentionnerons très certainement Guilhem à plusieurs reprises dans nos articles « entreprendre »

Le syndrome du sourire béat

J’écris cet article en sortant de la supérette du coin, après avoir bloqué devant des affiches de mecs au sourire béat, pouce vers le haut à coté d’un paquet de lessive. Je me lance donc de façon cavalière sur un sujet maintes fois rebattu et sur lequel on peut bien vite se voir rétorquer un « ouais mais franchement mec, t’enfonce des portes ouvertes, la société elle est comme ça et tu peux rien y faire j’veux dire ». Je tenterai donc d’éviter de tomber dans ce travers.

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youpiiiiii

Vous l’avez compris, j’écris pour préconiser la mort du marketing traditionnel et annoncer l’avènement d’un marketing 0% bullshit. Pourquoi ? parce que je me sens personnellement agressé par les promos exceptionnelles pas si exceptionnelles, des promesses qualité non tenues et des gens au sourire béat à coté de leur lessive. Mon passage dans une école de commerce n’a certainement pas contribué à rendre ces techniques plus sympathiques à mes yeux. Mais l’article aurait bien peu d’intérêt s’il n’était qu’un coup de gueule. J’essaierais de me baser sur des critères plus objectifs.

L’économie du benchmark et de la recommandation

L’internet a profondément changé la société et la façon dont nous l’appréhendons. L’un de ces changements est la facilité et la systématisation du benchmarking côté client. Je veux m’acheter une nouvelle guitare ? Une petite recherche Google me permet d’effectuer un benchmark et de me faire une idée de la qualité du produit. Cette feed-back loop est infiniment plus rapide et plus efficace qu’avant. Elle est aujourd’hui déjà une évidence pour beaucoup d’internautes et le devient pour les autres.

En parallèle se développe sous la houlette du géant Facebook l’économie de la recommandation.

Si elle est contestable et présente certains dangers, elle a au moins le mérite de favoriser l’émergence du bon produit. Où du moins du produit qui plait. D’aucun me répondront que le produit qui plait n’est pas forcément le bon produit, ce qui est vrai, mais ce serait un autre débat.

Toujours est-il que ce mouvement multiplie la puissance de la viralité des produits, impose de la transparence, et globalement, favorise la qualité. Marketeurs, économisez donc sur vos budgets « com » et « photo de mecs sympas qui sourient le pouce levé » et réinvestissez-le dans le produit.

Bonne nouvelle pour les marques !

Non, je ne prône pas l’abolition des marques et du marketing dans son sens premier. Les marques sont nées très tôt dans l’histoire de l’humanité (on en retrouve sur des jarres à Pompéi) comme un sigle permettant d’identifier l’artisan où groupe d’artisans à l’origine d’un produit, l’artisan talentueux voyant ainsi son travail valorisé.

signature de claude monnet

Cette vision de la marque est juste. C’est une promesse. Le tout est l’adéquation de cette promesse avec les caractéristiques objectives du produit. Le rôle logique du marketing en somme.

Et bien bonne nouvelle pour les pauvres entreprises, jusque là forcées par la logique de marché de produire de la m… des produits de moins bonne qualité pour pouvoir dégager plus de profit ré-exploité dans une stratégie de communication biaisée. Oui messieurs, vous pouvez désormais de nouveau vous concentrer sur la qualité ! car l’augmentation de la viralité, de la logique peer-to-peer et de la transparence replace ce principe au cœur des préoccupations. Joie. Et si la qualité n’est pas votre truc, au moins, faites nous rire.

  1. manu dalle Répondre

    quel thumbnail racoleur :D
    mais l’article sonne très juste !

    janvier 19th, 2011

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