Je ne devrais pas mais je sens que je vais avoir besoin de justifier l’angle d’attaque de cet article. Car je vous vois venir avec vos remarques types « c’est qui ce mec qui espère me refiler de la philosophie à partir d’un jeu de stratégie pratiqué par des no-life coréens ? ». Vous auriez raison du reste, car c’est exactement ce que je vais faire !
Mais d’abord, essayons de comprendre comment j’en suis arrivé à considérer que ce thème méritait un article :
D’abord, le jeu, trop souvent décrié, est un formidable outil de compréhension des systèmes. En particulier les jeux de stratégie. Ils forment un univers régit par des lois. Jouer, c’est modifier les variables, c’est interagir avec la bête et tâcher d’en comprendre les rouages pour parvenir au résultat souhaité. C’est tellement sérieux que les statisticiens s’y mettent. Sur le site Gapminder, vous pouvez bidouiller toutes les variables que vous voulez et observer par vous même les évolutions du monde. Vous y apprendrez bien plus que sur n’importe quel article statique.
Ensuite l’univers de Starcraft est original et intéressant parce qu’il ne se contente pas de mettre en confrontation trois races luttant pour la domination d’un secteur galactique, il oppose bel et bien trois modèles d’organisations sociales radicalement différents. Il permet de réaliser une authentique mise en perspective de l’humanité, de ses coutumes, de ses connaissances, de ses valeurs, de son existence même. C’est cette mise en perspective qui permet de considérer la science-fiction comme un genre philosophique au sens le plus authentique du terme. C’est Houellebecq qui l’a dit !
Maintenant que j’ai un prix Goncourt avec moi, que j’ai établi que le jeu et la science-fiction étaient des sujets sérieux, j’espère pouvoir continuer plus sereinement sans trop entendre de ricanements dans l’assistance…
Ceci est à moi !
Le premier schéma d’organisation proposé dans Starcraft, celui des Terrans. Nous le connaissons bien. Les Terrans sont les descendants d’anciens criminels humains envoyés coloniser l’espace dans d’immenses vaisseaux spatiaux.
Starcraft dresse un tableau très sombre d’une humanité parvenue aux limites de son « modèle ».
L’égoïsme des hommes les empêche de réaliser l’ampleur des menaces Alien avec lesquels ils n’hésitent pas à pactiser pour servir leurs intérêts, la nature est pillée, exploitée jusqu’à ses limites, les médias crachent leur message ultra sécuritaire à une population abrutie et les mêmes cycles semblent devoir se répéter à l’infini.

Ca vous dirait de vous engager dans l’armée pour financer vos études ?
Dans la société terrane, une bonne partie des unités combattantes est constituée d’anciens criminels placés dans des programmes de « resocialisation ». La voie des armes est pour eux leur seule chance de regagner une place dans la société mais bien peu sont ceux qui y parviennent tant les pertes sont élevées…
Au sommet de l’échelle sociale Terrane, se trouve Arcturus Mengk, un ancien révolutionnaire idéaliste devenu empereur autoritaire dès qu’il pu prendre le pouvoir et qui vit désormais dans la crainte de perdre son pouvoir. L’égoïsme et les conflits d’intérêts règnent en maitres et le rebelle Jim raynor, que nous incarnons dans la campagne de Starcraft 2, craint de devenir lui-même tyran si sa révolution abouti. Il sent qu’il ne sera pas assez fort pour s’opposer à ce schéma mortel. Il sent que sa révolte, si noble soit-elle, ne pourra pas aboutir à une amélioration durable du sort de son espèce. Le personnage de Jim Raynor prend alors une densité inattendue qui lui évite de sombrer dans le modèle du super-héros-rebelle-à-l’américaine maintes fois éclusé.
La mise en perspective de l’humanité opère parfaitement, preuve qu’on a affaire à de la vraie science-fiction dans son sens noble et philosophique. Le sombre portrait du futur de l’humanité que nous renvoie Starcraft, nous invite de manière récurrente à nous poser la question du bien-fondé des bases de notre société ; sur quoi repose le contrat social humain ?
Je crois que Rousseau a dit l’essentiel lorsqu’il écrit :
« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire « Ceci est à moi », et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. »
Pour Rousseau, notre modèle d’organisation sociale est donc bâti autour du concept de la propriété. Les hommes s’organisent, se rassemblent pour posséder plus, ou pour conserver ce qu’ils possèdent. Ils luttent pour obtenir ce qu’ils n’ont pas. La loi protège les détenteurs de propriété et cherche à priver les dépossédés d’accéder par tous les moyens à la propriété. Les nations, les guerres, les luttes de classes, les combats d’égo sont des conséquences logiques de cette organisation.
Le capitalisme classique nous apprend à cultiver notre égoïsme pour tirer profit de ce que nous possédons. Il prétend qu’en affutant nos égos, en avivant constamment nos appétits, en dressant les hommes les uns contre les autres, nous parviendrons à la prospérité et au bonheur universel.
Adam Smith vous le dira mieux que moi :
Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme.
Etrange organisation qui d’un coté rend les hommes chaque jour plus dépendants les uns des autres et chaque jour plus féroces dans leur volonté de domination individuelle. Nous prenons notre place dans la société en pensant pouvoir servir nos intérêts personnels et finalement nous sommes tous dupés…
Mais dans l’univers de Starcraft, l’humanité n’est qu’une des espèces intelligentes qui peuplent le secteur de Kropulu. Les Zergs et les Protoss apparaissent comme deux alternatives viables à l’organisation sociale que nous connaissons. Et ça vaut le coup de s’y intéresser…
Un Seul Corps et un Seul Esprit
En se privant purement et simplement de leur libre arbitre, les Zergs ne forment « qu’un seul corps et un seul esprit », un vieux rêve d’harmonie que nous portons en nous depuis la nuit des temps.
Ils forment en quelque sorte une société parfaite, harmonieuse et stable. Chaque organisme zerg est conscient de sa fonction et de sa place au sein de l’Essaim. Chacun se spécialise dans la tâche qui lui a été assignée dès la naissance et ne pourrait formuler l’idée d’occuper une place qui n’est pas la sienne. Les ressources appartiennent à tous, la propriété est abolie et la communauté pourvoit aux besoins de chaque individu.
Il n’y a pas de tâche plus ingrate qu’une autre, l’Overmind, le maître-esprit de la société Zerg, dirige l’Essaim en recherchant constamment l’intérêt général ; il n’agit pas en tyran car il est lui aussi programmé pour obéir à l’intérêt de son espèce. Ses décisions sont relayées auprès des Cérébrates puis redescendent jusqu’aux organes exécutifs de la société de la même manière que notre cerveau commande à nos organes de se mettre en action.
C’est pourquoi, malgré sa structure hiérarchique immuable, la société Zerg est parfaitement égalitaire, parfaitement solidaire et définitivement à l’abri de la vanité qui mine les sociétés humaines basées sur la propriété.
Ca ne vous donne pas envie ?
Non évidemment, car il nous est impossible de nous reconnaître dans un tel modèle.
La société Zerg est incapable de préoccupations autres que celles de sa survie ou de son expansion. Elle est totalement matérialiste et bornée. Elle ne porte aucune des valeurs qui font la dignité de l’humanité. Vérité, beauté, justice … ces choses absolument inutiles mais pour lesquelles nous sommes prêt à mourir plutôt qu’abjurer.
Impossible de ne pas y voir se profiler les ombres de 1984, du roman le meilleur des mondes ou les spectres des heures les plus sombres du communisme qui voulu éradiquer le modèle « Terran » centré sur la propriété pour le remplacer par une structure de partage mécanique, niant en même temps l’individualité et la spiritualité humaine. Finalement, chercher à imiter les Zergs reviendrait à enterrer notre humanité et (re)ferait de nous des animaux au nom des valeurs d’égalité ou d’harmonie.
La Voie de l’Ascension
Reste la troisième voie, la troisième race du secteur de Kropulu dont le mode d’organisation m’intéresse le plus ; les Protoss. Les Protoss sont une race alien humanoïde possédant un long nerf qui descend comme une tresse derrière leur crâne. Cet organe leur permet de se « brancher » de manière télépathique à la conscience de leur peuple, d’ouvrir en quelque sorte leur esprit en « Open source ».
Lorsqu’ils n’étaient qu’une race en devenir, les Protoss utilisaient leur lien communautaire de manière instinctive, mais au fur et à mesure qu’ils se développèrent, l’égoïsme et l’individualisme prirent une place de plus en plus importante. Ils s’éloignèrent alors tellement les uns des autres que leur extraordinaire pouvoir psychique se perdit. Les Protoss sombrèrent dans une guerre civile qui allait durer plusieurs siècles, jusqu’à ce qu’un jeune Protoss nommé Adun parvienne à retrouver ce lien social et à unir à nouveau son peuple par ce moyen.
Le contrat social mis en place par Adun et qui structure aujourd’hui la grande majorité de la société Protoss s’appelle la Khala ; la Voie de l’Ascension. Ceux qui choisissent la Khala (les Khalaï) renoncent à protéger leur esprit de l’intrusion de ses semblables mais peuvent en contrepartie bénéficier d’un accès à l’esprit des autres Khalaï.
Chacun accepte une certaine perte de soi, pour obtenir le « gain » des autres.
Ainsi, chaque expérience, chaque nouvelle connaissance acquise par un Khalaï appartient à toute la communauté. Lorsqu’un Khalaï doit prendre une décision, il peut consulter en esprit l’expérience de tous les membres de son peuple. Son libre arbitre est préservé mais ses choix seront plus éclairés.
A défaut de disposer d’un lien empathique naturel aussi développé que les Protoss, nous possédons un outil capable de définir un nouveau contrat social basé sur le modèle de la Khala ; Internet.
Demain, tous des Protoss ?
Jusqu’à présent, lorsque nous étions confronté à un choix, nous pouvions consulter notre mémoire (souvent défaillante) et notre expérience (souvent insuffisante). Parfois, nous pouvions demander l’avis de nos proches. Mais les échecs, ou les succès des hommes tombaient le plus souvent dans l’oubli ou restaient confinés à une petite frange de la population. Il fallait que chacun se fasse lui-même l’expérience de la vie pour éventuellement parvenir, à force d’erreurs, de coups et de bosses à une certaine « sagesse » s’il n’y perdait pas la vie en chemin.
Jusqu’à présent, chaque personne qui meurt est une perte dans la somme de connaissance de l’humanité. Chaque nouveau-né doit faire péniblement l’acquisition de nouveaux savoirs par son expérience propre …
Quelle déperdition d’énergie ! Quel manque d’efficacité !
Aujourd’hui, nous pouvons théoriquement bénéficier de la mémoire de toute notre espèce en quelques clics !
Demain, il y’a fort à parier ces quelques clics ne seront sans doute plus nécessaires.
Demain, Internet sera peut-être capable de mettre à disposition de toute l’humanité la somme des connaissances et des expériences de tous les êtres humains vivants ou morts.
Notre ombre numérique, fusionnée dans la conscience collective de l’humanité, pourra éclairer les autres êtres humains tant qu’elle existera dans le grand nuage numérique.
Nous ne sommes qu’au tout début des possibilités offertes par Internet mais nous commençons à avoir sous les yeux de nombreux exemples de réalisations spectaculaires basées sur le principe du partage de données numériques : Napster et ses successeurs pour la musique, Youtube pour la vidéo, Wikipédia pour la connaissance « encyclopédique », Facebook pour les réseaux humains etc. A vrai dire, ces réalisations Web sont presque les seuls succès tangibles que la génération des Digital Natives a connus. Ils ont assisté au délitement des structures nationales, sociales et morales, à l’effondrement du mur de Berlin, et seraient tentés de voir dans la crise actuelle, le début de la fin d’une économie de marché généralisée.
Il ne faudra pas s’étonner que pour cette génération, redéfinir le contrat social n’est pas seulement une urgence morale, c’est une question d’efficacité (voir de bon sens). A force de tout partager, de recourir au web pour orienter leurs décisions, ils sont en train de devenir de véritables Khalaï prêts à vivre, à travailler, à consommer en totale collaboration.
Les notions de propriété intellectuelle, artistique, technique ou scientifique si chères à leurs aïeux s’effacent progressivement.
Comme les Protoss, ils semblent prêts à abandonner l’exclusivité de leurs connaissances et de leurs expériences pour bénéficier de celles des autres. Notre génération est peut-être à l’aube de l’un des changements les plus radical qu’ait connu la société humaine ; l’apparition d’un nouveau contrat social.
L’article est très intéressant et invite à la réflexion sur des problématiques bien réelles en prenant un angle d’attaque original. Nul doute que la science fiction offre une vraie réflexion sur la société contemporaine et ses évolutions possibles. Je me permettrais cependant quelques remarques.
Le texte est teinté d’un grand optimisme quand au partage des connaissances. C’est louable. Mais si on y regarde de plus près, on se rend compte que l’économie du partage, décrite notamment par Rachel Botsman, est bien une économie du Peer-to-peer. La tendance serait de ne pas se connecter à l’ensemble de l’humanité, mais plutôt à un petit nombre de personnes partageant des intérêts communs. Je contesterais donc la portée universelle de ce phénomène de partage.
De plus, les problématiques d’exactitude des connaissances stockées sur l’internet sont un peu passées sous silence. Vous donnez d’une certaine façon l’impression que se connecter à l’internet c’est se connecter à la vérité. Je résume bien évidemment votre pensée, et vous pourriez me répondre que par un phénomène de darwinisme des idées, certaines plateformes tendent à s’approcher d’une certaine exactitude en reposant sur des sommes de connaissances imparfaites. Je pense bien évidemment à Wikipedia, mais je pense aussi à ce qu’essaie de créer Quora. Il en est cependant autrement du monde des idées qui ne peut se baser sur des faits reconnus par tous.
Je partage au final l’enthousiasme général des effets possibles de l’internet sur la société humaine tant il est vrai que l’humanité tire sa force de sa propension à l’échange. La conférence TED de Matt ridley sur ce sujet le souligne avec intelligence. Et si l’on doit changer le monde, au contraire des grandes idéologies, c’est certainement petit à petit, personne par per personne, au peer to peer en somme. L’avenir nous le dira.
Si le web constitue une empreinte interessante de notre présent, on peut se poser la question de la durée de vie des informations sur le network. Se pourrait-il que le web ne soit qu’un reflet du present et oublie progressivement a l’image de l’humanite en general ? D’ou sans doute l’importance de l’archivage du web a mesure qu’il disparait.
La question de l’archivage des données du web est en effet essentielle. Encore faut il savoir quoi archiver. Archiver tout le web serait certainement une erreur, étant donné les contre-vérités qui y trainent. Mais il est clair que la problématique de faire « gagner le web en sagesse », en archivant les informations est tout à fait passionnante !
Le web est pour le moment encore un beau boxon. Google se débat pour organiser tout ce flot d’information mais reste insuffisant notamment pour le traitement des questions que ce posent les gens (le site Quora se lance dans le créneau. A suivre…). Il ne fait pas non plus avancer les débats en faisant suffisamment apparaitre les idées les plus constructives et en ne permettant pas une « sélection naturelle » de l’information car pour le moment, nous sommes encore confronté à une masse chaotique d’information brute difficilement exploitable.
L’archivage massif sur le web me parait nécessaire, mais il doit s’accompagner d’outils de tri de l’information et être capable de faire surgir celles qui seront les plus pertinentes.
C’est d’ailleurs un des enjeux du web 2.0.
Hello et merci ! Article fort intéressant et très original.
Question : comment pourrions-nous nous servir d’internet et du peer to peer pour reformer/reformuler notre contrat social ? Avez-vous connaissance d’exemples d’écriture collaborative de projets politiques ?
Autre question : vous faites justement référence à la valeur et à l’intérêt de partager des échecs et des erreurs. Pour avoir un peu cherché sur le sujet, je connais deux organisations (ONG et organisation d’aide au développement) qui tentent de monter des plateformes collaboratives sur le sujet : http://failfaire.org/ et http://www.admittingfailure.com
Pour moi il s’agit d’un phénomène émergent et je serai curieux de connaitre d’autres exemples car il me semble que ce type d’initiative est en mesure de questionner/changer le fonctionnement des organisations et leur relation avec l’extérieur. Je ne sais pas si on peut dire que c’est à même de changer le contrat social d’une organisation mais je pense que le contrat social qui prévaut dans les entreprises et organisations dans lesquelles nous travaillons est très exposé/bien placé pour faire changer le contrat qui sous tend la société dans laquelle nous vivons.
Enfin, j’ai l’impression que l’article ne creuse pas assez la différence entre l’information et la connaissance et qu’il tombe un peu dans la métaphore cerveau/disque dur. Je m’explique : le temps humain n’est pas le temps de la machine. Ce n’est pas parce qu’une grande quantité d’informations et de données est immédiatement disponible que les humains sont en mesure de les mobiliser comme ils feraient avec les connaissances dont ils ont la mémoire et l’expérience. Cette différence me semble poser la nécessaire question de l’enseignement, du guide et de la figure de ceux qui conceptualisent, relient, mettent en contexte… ce que vous parvenez très bien à faire dans votre article. Donc, continuez
@Thomas :
Question : comment pourrions-nous nous servir d’internet et du peer to peer pour reformer/reformuler notre contrat social ? Avez-vous connaissance d’exemples d’écriture collaborative de projets politiques ?
Oui, il existe actuellement plusieurs initiatives visant à rédiger une Constitution de manière collaborative. Y’a ça : http://en.wikiversity.org/wiki/Democracy_Project/Open_Source_Constitution
Mais il existe pas mal de projets allant dans le sens de la démocratie directe version numérique.
Sur la différence entre information et connaissance, je crois que vous soulevez une excellente question. Dans quelle mesure le fait d’être abreuvé d’info nous rend-t-il plus sage ? Au contraire, n’est-ce pas parfois un écran qui nous rassure et nous évite de ne poser d’autres questions ? Ca mériterait bien un billet …
Merci pour votre réflexion, vos liens et … vos encouragements !
@Thomas :
je viens de tomber la dessus, l’Islande crowdsource sa nouvelle constitution.
http://www.siliconmaniacs.org/lislande-crowdsource-sa-nouvelle-constitution/
Effectivement original, mais il ne faut pas oublier que la concentration d’information et donc de pouvoir par google peut être un obstacle aux propos discutés ici: De même pour facebook, e apparence très sympathique, lieu d’échange mais qui est déjà en bourse:
Une de couses à défendre sur le web est sa liberté. Il ne faut pas que le web dévonienne la propriété d’un groupe…bon cela vous le savez déjà, mais tenir toujours en tête.
Ahah génial merci pour cet article. Maintenant je sais pourquoi les Protoss on toujours été ma race préférée !
Malheureusement je pense qu’une majeure partie de l’humanité se rapproche toujours un peu plus de la barbarie servile des Zerg, de même qu’Internet, si l’on y prend pas garde, pourrait des plus en plus ressembler à l’Overmind, système nerveux centrale (Google ?) dirigeant la nuée réduit à une somme de panses sans esprit critique…
L’histoire des Protoss nous apprend donc que si nous continuons à privilégier notre confort individuel à des valeurs supérieures commune nous pourrions traverser à nouveaux des heures sombres avant d’accéder à cette sagesse partagée dont font preuve les Protoss « en taro Adun ».
Sinon pour rebondir un peu plus positivement à une possible évolution à tendance Protossienne, je pense qu’il faudrait commencer par mettre en place des systèmes matériels (les terminaisons nerveuses des Protoss) à même de ré-horizontaliser Internet.
Car il me semble sans cette redistribution du web à petit échelle (sous forme de serveurs individuel ? communautaire?) il ne pourrai pas y avoir de pratique d’Internet réellement démocratique et démocratisante.
En taro Tassadar ! D’accord avec le risque Zergueux d’internet, risque qui depuis le moment où j’ai écrit l’article et aujourd’hui, ne s’est pas estompé loin de là…
Oeuvrons à protossifier Internet, créons des serveurs partout, crowdfundons les infrastructures du web, opensourçons, produisons du bien commun numérique …